
31 janvier 2010
29 janvier 2010
27 janvier 2010
Je l'aimais - Anna Gavalda
Moi, je trouve qu'on va bien ensemble... J'aime être avec toi parce que je ne m'ennuie jamais. Même quand on ne se parle pas, même quand on ne se touche pas, même quand on est pas dans la même pièce, je ne m'ennuie pas. Je m'ennuie jamais. Je crois que c'est parce que j'ai confiance en toi, j'ai confiance en tes pensées. Tu peux comprendre ça? Tout ce que je vois de toi et tout ce que je ne vois pas, je l'aime. Pourtant je connais tes défauts. Mais justement, j'ai l'impression que tes défauts vont bien avec mes qualités. Nous n'avons pas peur des mêmes choses. Même nos démons vont bien ensemble!
26 janvier 2010
24 janvier 2010
19 janvier 2010
38 mon westerns (avec des fantômes) de Mathias.Malzieu
Mes parents m'avaient laissé de l'argent pour m'acheter de la vraie nourriture mais je me suis contenté de prendre quelques Mars et du Coca. Avec le reste, je lui ai acheté un petit bracelet en argent. C'était dans ma main, ça brillait, ça souriait presque. J'éprouvais une joie profonde ne serait-ce qu'à l'idée de lui offrir. J'allais sans arrêt le contempler dans son écrin de faux velours noir. C'était comme si les étoiles s'étaient accrochées pour s'enfiler à un de ses cheveux.
La fin du printemps gazouillait partout en oiseaux invisibles et malgré le bruit de pet de mazout que produisait ma mobylette, je me délectais de tout ça. Je me sentais très romantique avec mon cadeau d'anniversaire, ma mobylette pourrie et mes trois Mars dans l'estomac. C'était la première fois que je faisais un cadeau amoureux et dans chaque maillon du bracelet, il y avait un morceau de mon coeur.
J'étais entrain d'attacher ce vieux canasson mécanique à un arbre (bien qu'il eut fallu un certain sens de l'humour pour avoir l'idée de le voler)quand elle est apparue, lumineuse. On aurait dit qu'elle s'était fait un shampoing avec le soleil et qu'elle ne s'était ni rincé, ni séché les cheveux. Merveilleuse. Et moi, avec des bruits d'aquarium dans le ventre, je souriais, les yeux plissés comme un nouveau-né chinois face à tout cet éblouissement.
Mon poing dans la poche serrait la petite boîte noire et je sentais mon coeur battre dans ma gorge. Je l'ai embrassée sur la bouche mais j'ai eu la sensation qu'elle n'avait plus de lèvres. Elle en avait toujours mais elles étaient restées immobiles.
« Je ne veux plus sortir avec toi », me dit-elle juste après.
J'ai cru que l'on venait de m'enfermer dans un frigo, on avait claqué la porte, il faisait froid, et j'étais assis à côté d'un yaourt pourri.
Malgré la balle de tennis qui me poussait dans la gorge, je lui souhaitai bon anniversaire et lui tendis la petite boîte.
Elle se mit à pleurer et, je ne sais par quel miracle, pas moi.
« Non, garde-le...,dit-elle
- C'est pour toi, prend-le
- Non, je ne veux pas le prendre. »
Elle le posa sur le petit muret et elle se retourna.
J'ouvris la boîte et fis glisser le bracelet entre mes doigts, il ressemblait à un verre de terre mort que l'on aurait décoré avec des petites boucles d'oreilles.
Je le laissai volontairement m'échapper des mains et je me mis à marcher. Je sentis deux grosses larmes chaudes dégringoler sur mes joues, je les attrapais avec ma langue, elles avaient un bon petit goût de sel.
Le soir même, quand je me suis mis à pleurer en mangeant ma Danette, ma soeur m'a demandé ce qui se passait.
« Je ne retrouverai jamais une fille comme ça... »
Elle s'est mise à rire très tendrement, mais ça m'énervait quand même.
Le choc de cet accident d'anniversaire s'est estompé progressivement, un peu comme un hématome qui change de couleur.
Mais les bons souvenirs me picotèrent encore longtemps, ils étaient bien plus douloureux que les mauvais. Même mon vieux canasson de mobylette pourri en était encore parfumé. Il y avait toujours plein de fantômes lumineux assis sur mon porte-bagage qui m'envoyaient des sourires remplis de fossettes incroyables et j'ai mis longtemps à comprendre qu'il fallait les chasser.
Alors, je me suis mis à faire des virages en dérapage pour qu'ils se cassent la gueule mais au dernier moment je ralentissais toujours un peu, de peur qu'ils s'en aillent pour toujours.












